Pourquoi j’ai voté la motion proposée par l’AMF

Lors du conseil municipal du 3 juillet 2014, sur proposition du Maire, Jean-Louis Chardonneau, j’ai voté, avec les membres de la majorité municipale, la délibération proposée par l’Association des Maires de France, alertant le gouvernement sur les conséquences de la baisse brutale des dotations aux collectivités territoriales et des risques que cette dernière faisait courir. Voici les raisons pour lesquelles j’ai voté cette délibération:

En premier lieu j’ai rappelé que le gouvernement doit gérer aujourd’hui un véritable amoncellement de dettes laissé par la droite qui a été aux affaires pendant 10 ans (Raffarin, Villepin, Fillon). Ainsi, en 2002, lorsque Lionel Jospin a quitté le gouvernement, la dette était contenue à 60% du PIB, conformément aux critères européens. 10 ans plus tard, en 2012, la dette avait augmenté de près de 600 milliards, passant à plus de 90% du PIB avec un déficit historique. Cette hausse de la dette s’explique notamment par l’incapacité du gouvernement à gérer les conséquences de la crise mais aussi par des mesures catégorielles inefficaces et coûteuses prises pendant ces 10 années sans que les résultats soient au rendez vous (baisse de la TVA sur la restauration, suppression de la taxe professionnelle, bouclier fiscal pour les plus fortunés…). L’argent public a souvent été dilapidé.
Aussi, la droite porte-t-elle une lourde responsabilité dans la situation des finances publiques actuelle qui la disqualifie à vouloir donner aujourd’hui des leçons de bonne gestion.

L’AMF est une association pluraliste représentant tous les maires de France, quelle que soit leur sensibilité. Par le passé, j’ai voté des motions proposées par l’AMF quand la droite était au pouvoir pour dénoncer le désengagement de l’Etat. A l’époque, l’opposition municipale à Buxerolles n’était pas toujours très encline à voter ce type de motion. Aujourd’hui, ça n’est pas parce que la gauche est au pouvoir que je devrais m’abstenir de toute critique. Bien au contraire, j’ai le devoir d’être exigent envers le gouvernement actuel.

Comme chacun, je suis favorable à une rationalisation de la gestion de l’argent public. Nous avons tous en tête au niveau local ou national des exemples de gaspillage et il convient d’y mettre fin sans attendre. En revanche, l’effort demandé aujourd’hui aux collectivités, avant même d’avoir réalisé des réformes structurelles, est particulièrement brutal et risque de peser sur la timide reprise économique.

Je souhaite, comme le comité des finances locales l’envisage, que la baisse des dotations puisse se faire en fonction de la richesse des territoires et des habitants. Neuilly n’aura aucune peine à absorber une baisse des ses dotations ce qui ne sera pas le cas des communes les plus pauvres.

Enfin, j’ai souhaité par ce vote exprimer mon inquiétude que l’autofinancement des collectivités se réduise et que par conséquent l’investissement des collectivités territoriales, qui représente 75% de l’investissement public, soit stoppé net en France. Derrière le terme « investissement public » il y a des emplois dans le BTP notamment.

Je refuse de troquer de l’investissement public local certain contre d’hypothétiques investissements privés, certes espérés, mais qui sont moins que certains, avec des allègements du coût du travail qui ne sont pas suffisamment ciblés et conditionnés dans le cadre du pacte de responsabilité.

Peu importe qui dirige aujourd’hui l’Etat, mes opinions d’hier restent celles d’aujourd’hui et c’est donc courageusement que j’ai voté cette motion. Je pense mon avis partagé par une très grande majorité de Français que je croise, au quotidien et je ne désespère pas que des mesures de bon sens seront prises durant les débats parlementaires (loi de finance pour 2015 notamment).

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