Ecouter, ne pas se résigner, agir au quotidien

Ce dimanche 13 décembre, les urnes ont parlé. Elles avaient déjà parlé une semaine plus tôt. La gauche limite les dégâts au niveau national. Elle est en tête au niveau départemental. La droite ne fait pas les résultats qu’elle escomptait. Ceci ne doit cependant pas nous amener à faire du triomphalisme, à faire comme si rien ne s’était passé. Les résultats acquis par l’extrême droite dans le Nord Vienne sont très inquiétants. Poitiers, Buxerolles et d’autres villes de l’agglomération font figure d’exception.

Dans 3 régions, le pire a été évité, les électeurs de gauche ont voté pour les candidats « Les Républicains ». Il n’y aura donc pas de conseillers régionaux FN dans les conseils d’administration des lycées de nos enfants pas plus qu’il n’y aura de ligne politique extrémiste à la tête d’une région en France.

En Provence, Alpes, Cote d’Azur, Christian Estrosi, n’était pas forcément le plus modéré. Il avait même tenté une convergence de vue avec le FN en 1998 (comme d’autres élus de droite à la même époque) pour obtenir la présidence de PACA.

En Nord Pas de Calais Picardie, Xavier Bertrand, n’était pas non plus un modèle d’ouverture au progressisme.

C’est l’honneur de parti socialiste d’avoir retiré ses listes dans ces 2 Régions. Il a fait passer les valeurs républicaines avant l’obtention de postes d’élus.

Pour la région Alsace Champagne Ardenne Lorraine, malgré le non respect des consignes de désistement par la tête de liste du PS, là aussi les électeurs de gauche ont su voter pour l’essentiel.

Dans ces 3 régions, les électeurs de gauche ont fait preuve d’une grande abnégation pour voter pour des candidats éloignés de leurs valeurs, mais qui portaient néanmoins en eux l’ADN républicain (au sens noble du terme).

Chacun peut légitimement se demander comment nous en sommes arrivés là. Comment la France, sortie du populisme il y a tout juste 70 ans peut elle céder aux sirènes extrémistes aussi facilement ?

Il ne peut y avoir de réponse trop rapide. Les causes sont multiples. J’en identifie quelques unes :

– La désespérance.

De nombreux électeurs rencontrés ne croient plus en la politique. Leur situation n’évolue pas ou pas suffisamment, même avec un gouvernement dans lequel ils avaient placé de grands espoirs. La situation actuelle du nombre de chômeurs y contribue. Les baisses de cotisation consenties aux entreprises ne produisent pour le moment guère d’effet autre que celui de restaurer leurs marges. Pour faire baisser le chômage, c’est manifestement insuffisant. Quand la nation fait de tels efforts budgétaires, des engagements fermes doivent être pris par les entreprises.

– L’exaltation du sentiment national.

Il n’y a pas si longtemps, c’est la ligne « buissoniste » qui avait cours à l’Elysée. Souvenons nous, il était demandé aux préfectures d’organiser des débats sur « l’identité nationale ». Qu’on ne s’étonne pas ensuite que le sentiment nationaliste soit exacerbé. L’ancien Président de la République porte une très lourde responsabilité dans la droitisation des thématiques du débat public.

– Un défaut de transmission des valeurs de la République et des dangers du populisme.

L’école enseigne déjà la montée du populisme de 1918 à 1939 et ses conséquences (1939-1945). On y apprend les catastrophes engendrées par le repli sur soi et la recherche des boucs émissaires.

On essaie d’apprendre à chaque élève à raisonner. Alors que peut on faire de plus? J’avoue ma perplexité face à ce sujet. Il nous faut collectivement inventer de nouvelles manières de faire en ce domaine.

On l’a vu, quand la gauche est unie, elle peut gagner. Il appartient donc aux socialistes en responsabilité de ne rien faire pour la désunir. On doit se garder de mesures inefficaces économiquement et qui agissent comme des épouvantails pour nos partenaires de la gauche. Le travail du dimanche en est un parfait exemple ; il y en a d’autres…

Agissons au quotidien. Argumentons. Dans nos entourages respectifs, ne laissons passer aucune parole qui heurte nos sensibilités.

Ce qui est sûr, c’est que jamais je ne me résignerai à ce que des valeurs qui aboutiraient à fracturer le pays, à traiter nos enfants différemment dans les écoles selon leur confession, leur couleur de peau, puissent prospérer. Jamais.

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